Les personnages #4 Brandon Sanderson sur les autres méthodes de construction

Par Quentin

Aujourd’hui nous voyons la dernière partie du cours sur les personnages dispensé par Brandon Sanderson. Dans cet article vous verrez d’autres techniques de conception. Mais avant ça, nous commençons avec quelques notions sur le handicap !

La plupart des personnages sont naturellement sympathiques. C’est d’autant plus le cas pour les personnages handicapés. Un handicap n’est pas le résultat des actions d’un personnage. Cela diffère d’un défaut dans le sens où un défaut est présenté comme quelque chose que le protagoniste doit surmonter. Avoir une famille est un handicap, de même qu’avoir un code d’éthique. Nous souhaitons que le personnage combatte les méchant en gardant sa famille en vie, pas qu’il s’en débarrasse pour ne pas être dérangé.

Souvent, le personnage peut utiliser son handicap pour sortir d’une situation compliquée, comme Harry Potter qui utilise ses connaissances de moldu au cours des livres. C’est aussi le cas de Monk, qui résout des crimes grâce à ses tocs.

Brandon nous montre ensuite une autre méthode utilisée pour créer des personnages. Il s’agit de la méthode du dossier.

Similaire au questionnaire de Proust. Une liste de question est composée. Il s’agit de questions que l’on va se poser à propos de chaque personnage. Idéalement ces questions sont profondes et provoquent une vraie réflexion. Chaque écrivain devrait définir les questions qui fonctionnent pour lui et pour ses personnages. Sanderson nous donne tout de même quelques exemples courants.

  • Quant a-t-il eu son premier baiser ?
  • Quelle est sa nourriture préférée ?
  • Qu’attendent-ils de la vie ?
  • Quel est leur animal préféré ?

Il faut répondre à chaque question en prenant la place du personnage. Chaque réponse est réfléchie et apporte de la profondeur au personnage.

Une technique similaire est le monologue. Il s’agit de laisser le personnage répondre à une question, et de le laisser parler. Il apporte des informations dans ses réponses qui vont permettre de le construire plus en détails. Cela fonctionne mieux pour les écrivains qui découvrent leur oeuvre en l’écrivant.

Les personnages et l’intrigue.

Il existe une question importante qui permet de faire la différence entre les personnages construits et les personnages superficiels. Cette question est : qui est ce personnage sans l’intrigue ?

Les personnages plats sont construits pour l’histoire mais n’ont pas de substance à proprement parler. Si on imagine que l’intrigue est un train qui emporte les personnages un à un, les personnages plats attendent sur le bord de la voie avec un crochet pour se faire tracter. Ils ne sont rien sans l’intrigue. En revanche, ils permettent à l’histoire d’avancer quand cela est nécessaire.

Si votre personnage n’est rien sans l’intrigue, il a besoin d’une backstory. Utilisez donc la méthode du dossier !

Une troisième et dernière technique pour créer un personnage intéressant est de se demander quel personnage ne conviendrait pas à la situation. Cela peut aussi signifier de renverser les codes.

Prenons des exemples :

  • Le mentor du héros peut également être le vilain.
  • Le compagnon de voyage sympa peut aussi être le musclor.
  • Le meilleur ami loyal peut aussi être l’élu.

Nous pouvons maintenant rajouter des caractéristiques !

  • Le méchant mentor est un croque-mort.
  • Le compagnon musclé vend des ananas.
  • L’ami et élu est avocat.

Et maintenant nous pouvons leur rajouter des problématiques.

  • Le méchant mentor est un croque-mort qui a peur des macchabées.
  • Le compagnon musclé vend des ananas et prend des stéroides.
  • L’ami et élu est avocat mais il n’a jamais réussi à passer le barreau.

Les personnages se complètent ensuite d’eux même en combinant les histoires. En cherchant le conflit, nous pouvons créer leurs relations. Nous pouvons également placer leurs profils sur les curseurs de personnalité. Plus tard, nous prendrons en compte le fait que dans la majorité des histoires, le personnage change. (Excepté pour les “histoires de superman” où le héros ne change pas. C’est le cas des Miss Marple, des Hercule Poirot ou justement, des Superman. Le héros est si fort et si incroyable qu’il est le même d’une histoire à l’autre.)

La prochaine fois, nous enchaînons sur une autre thématique avec Brandon Sanderson. Nous prendrons aussi le temps de nous pencher sur les thèmes récurrents de la littérature !

A la prochaine (: