Les bases de l’intrique – écrire de la fiction

Par Quentin

Aujourd’hui nous posons les bases de l’intrique avec Brandon Sanderson. Cet article provient directement de son cours d’écriture. Nous voyons deux notions complémentaires sur la façon dont construire votre histoire. C’est parti 🙂

Prenons quelques minutes pour rappeler le lien entre l’intrigue et les personnages. Si un personnage ne fonctionne pas, c’est souvent (mais pas tout le temps) parce qu’il suit l’intrigue plutôt que suivre ses motivations de personnages.

En termes d’histoire, nous pouvons également différencier deux types de personnage : superman et tous les autres. Superman n’a pas d’arc, il ne change pas entre le début et la fin de l’histoire. Cela n’empêche pas qu’il existe de très bonnes histoires de superman. En comparaison, les autres personnages évoluent pendant l’histoire, et ne sont pas les mêmes à la fin.

L’intrigue est une illusion.

Une métaphore employée par Sanderson est celle de l’auteur comme un magicien. Un magicien utilise la misdirection pour contrôler l’attention. Ce faisant, il effectue les mouvements importants pour le tour. Dans la même perspective, le travail d’un auteur est de nous divertir en faisant avancer l’histoire. Il doit annoncer la fin de manière invisible. Si son foreshadowing est bien fait, l’issue de l’histoire sera surprenante et prévisible. Ce concept est également développé dans plusieurs ouvrage d’écriture de marketing : une bonne surprise est prévisible à posteriori, quand est capable de rassembler tous les indices. Pour utiliser une formulation d’écrivain, la fin est surprenante et inévitable.

Sanderson conseille de lire The Strange Attractor de Terry Rossio. Il s’agit d’un essai dans lequel Rossio partage un modèle : chaque histoire combine des éléments du familier avec des éléments inconnus. Le ratio entre le familier et l’inconnu dépend de l’histoire que vous voulez raconter.

Par exemple, les Harry Potter 1 et 2 sont pratiquement les mêmes livres. La structure est similaire, la situation est similaire, les personnages sont les mêmes. Il n’y a que peu de changements entre les deux livres, car l’audience est plutôt jeune. Elle n’a pas forcément les capacités de suivre des oeuvres complexes. Les jeunes lecteurs ne sont souvent pas assez familiers avec les archétypes.

Les mêmes.

Pourquoi l’intrigue est-elle une illusion alors ? Il y a une raison très simple. N’importe quel livre de 500 pages peut être réécrit en une conclusion insatisfaisante d’une ligne. Prenons le Seigneur des Anneaux.

Ils utilisèrent les aigles pour voler jusqu’au Mordor, jetèrent l’anneau et rentrèrent pour le thé.

N’est-ce pas insatisfaisant ?

Un autre conseil de Sanderson : faites des promesses. Les promesses sont un moyen de faire comprendre à votre lecteur où vous allez. Vous devrez ensuite tenir vos promesses d’une façon surprenante et satisfaisante.

Nous détaillerons cette notion la prochaine fois !