La culture et le physique – contruction du monde 2

Par Quentin

Aujourd’hui nous nous penchons encore sur la suite de la création de monde. Vous y verrez des nuances de présentation de l’iceberg, ainsi que la distinction entre la création d’un monde physique et culturel.

Pour reprendre notre métaphore de la semaine dernière, l’iceberg constitue la distinction entre ce que vous savez -la partie immergée de l’iceberg- et ce que vous présenter à votre audience -la partie visible de l’iceberg. Jetez plutôt un coup d’œil à cette magnifique photo réalisée sans trucage.

Sans trucage on vous dit

Vous devez montrer l’iceberg en parlant des choses du monde. Facile à dire, mais plutôt compliqué à mettre en place sans consignes précises. Voilà donc une solution.

Prenons un exemple simple, et changeons quelque chose dans notre monde pour créer notre nouvel univers. Dans notre histoire, tout le monde a la capacité de créer des boules de neige dans sa main à n’importe quel moment.

Crédit : Thom Holmes

Quelles sont les 3 questions que tout le monde va se poser sur ce nouveau monde ? Demandez à vos amis ou organisez des brainstormings pour trouver les interrogations les plus présentes. Quand vous connaissez les trois questions que chaque lecteur va se poser, présentez aux quatre questions que chaque lecteur peut se poser. Donnez en plus. Ainsi, votre public comprendra, ou aura l’impression que vous avez réellement créé ce nouveau monde dans son ensemble.

Dans notre exemple, il n’y aurait jamais de pénurie d’eau. Les gens se promèneraient avec des boucliers portatifs pour se protéger des boules de neige. La bataille de boules de neige serait le grand sport mondial, à la manière du foot d’aujourd’hui. Les gens refroidiraient leurs boissons directement avec de la neige.

Ce serait un monde magnifique non ?

Ne profitez pas du prologue pour déverser un torrent d’informations sur le lecteur

Nous avons déjà parlé de la notion de learning curve, ou de courbe d’apprentissage. Ici, en plus d’avoir des difficultés à assimiler autant de contenu, vos lecteurs risquent fort de s’ennuyer. Une des solutions à ce problème est l’utilisation d’un personnage étranger au monde.

Il existe plusieurs exemples très connus dans la littérature. Watson, dans la série Sherlock en est un exemple. C’est aussi le cas de Bilbo, qui vit dans la périphérie du monde, et n’est pas familier avec les autres régions et le reste du monde. Nous comprenons donc qu’il pose des questions ou qu’il ait besoin d’explications. Nous apprenons donc en même temps que lui. C’est aussi le cas d’Harry Potter. Etant totalement étranger au monde des sorciers, il est aussi surpris et excité que nous à l’idée de découvrir ce nouvel univers. Dans ces trois cas, la présentation du monde est assurée au travers de ces personnages. Vous pouvez également utiliser un personnage secondaire plutôt qu’un réel protagoniste.

Nous pouvons diviser un monde en deux parties : le physique et le culturel.

Cette dichotomie est utile pour construire le monde en réfléchissant précisément aux éléments que vous introduisez.

La partie physique contient les choses qui existeraient sans les humains. Cela inclut la faune et la flore, le climat, la géographie. Les lois de la physique ou la géologie en sont d’autres exemples.

La partie culturelle contient “tout le reste”. En voici une liste non exhaustive :

  • la langue et le langage
  • l’économie
  • la religion
  • la politique
  • les lois
  • le gouvernement
  • l’éducation
  • la nourriture
  • la philosophie
  • les castes
  • les emplois

Il y a énormément de sujets que vous pouvez aborder. Avez-vous déjà lu une oeuvre qui parlait de l’éducation dans un monde fantasy ? C’est l’une des choses qui font dire à Sanderson qu’il reste encore énormément de possibilités dans ce genre.

Enfin, et très rapidement, les 3 sous-genres de fantasy

Sanderson isole 3 sous-genres. C’est très bref, mais c’est intéressant, donc nous en parlons en fin d’article.

  • Une personne de notre monde est “aspirée” dans un monde fantaisiste et vit des choses étranges. Exemples notoires : Alice au pays des merveilles ou Harry Potter.
  • Un homme masculin se bat contre des gens/choses et éventuellement meurt. C’est par exemple Conan le Barbare. Sanderson précise que c’est un genre qui a beaucoup mûrit depuis, et qui s’est éloigné de ces stéréotypes primitifs.
  • L’epic fantasy. Caractérisée entre autres par un casting très large et une utilisation répandue de la magie. Ce genre a été lancé par Tolkien.

Cet article, combiné avec l’article précédent vous permet de comprendre en détail la métaphore de l’iceberg et de vous en servir. Les prochains articles traiteront également de construction de monde, c’est un vaste sujet que nous allons explorer sur plusieurs semaines.