Construire des profils. Brandon Sanderson et les personnages #3

Par Quentin

Dans cet article, nous verrons quelques notions importantes sur la construction des personnages. Quelles caractéristiques leur donner ? Nous utiliserons pour cette étape la méthode des curseurs détaillée la semaine dernière.

Lorsqu’on créé un personnage, il faut choisir avec attention quelles seront ses caractéristiques et comment elles évolueront avec l’histoire. Selon l’arc le personnage peut commencer avec à priori n’importe quelle combinaison des trois échelles :

Les trois curseurs utilisés par Sanderson dans la création des personnages.

Un des arcs les plus courants est la transformation du héros selon l’axe de proactivité. La plupart des films hollywoodiens fonctionnent ainsi, de même que la plupart des films de la franchise Marvel. C’est par exemple le cas du Seigneur des Anneaux. Les hobbits n’ont nullement l’intention de sauver le monde dans la scène d’ouverture. Faire avancer l’histoire quand un personnage est naturellement non actif est technique.

La comté est un endroit magnifique.

La solution la plus versatile consiste à forcer la main du personnage. Gandalf arrive et ainsi est posée l’intrigue. Ce schéma narratif est relativement fréquent.

Une autre option consiste à utiliser la petite intrigue. Montrer une scène de la vie du personnage principal. Pendant cette scène, il veut quelque chose de commun, comme un café. On utilise cette scène pour présenter le personnage à l’audience et pour poser les bases de l’intrigue. Dans Kingsman, Eggsy est un garçon normal. On utilise sa présentation pour montrer que son monde est loin d’être parfait. Cela permet au public de comprendre l’enjeu de l’histoire et de se faire une idée du personnage.

Un autre exemple de ce schéma : star wars. Luke Skywalker s’avance et regarde les deux soleils au loin.

Cette scène nous montre que Luke, malgré sa vie rangée, espère plus. Peu après, il part à la découverte du monde.

La compétence.

Autant que possible, il vous faut faire en sorte que chaque personnage soit compétent dans au moins un domaine. L’histoire fera ensuite sortir le personnage de sa zone de confort. Un exemple ? Dans la revanche d’une blonde, Elle utilise ses compétences en produits de beauté et en soin des cheveux dans le procès.

Un excellent exemple de la conversion des compétences.

Il existe beaucoup d’autres possibilités pour créer des personnages. A titre d’exemple, un personnage peut être peut compétent, s’il est suffisamment proactif. C’est le cas d’Han Solo. Dans d’autres histoires similaires, un personnage peut être compétent, mais pas suffisamment pour l’environnement dans lequel il est. Indiana Jones est extrêmement proactif, résultant en son succès bien qu’il échoue de temps en temps.

On peut aussi prendre du plaisir à voir évoluer des personnages extrêmement compétents. James Bond est l’un d’eux. Nous savons qu’il va réussir. Le status quo est quasiment respecté à chaque film. Danny Ocean, du film Ocean’s Eleven est aussi un exemple de protagoniste hyper compétent. Ces protagonistes vont réussir ce qu’ils entreprennent, peu importe les défis et les obstacles. Ils sont compétents dans virtuellement toutes les dimensions.

Votre travail en tant qu’auteur est de décider quelle histoire vous aller raconter, et ce qu’il va s’y passer. Comment les personnages vont-ils évoluer ?

Brandon Sanderson nous explique qu’on peut diviser la compétence en deux échelles distinctes : la compétence générale et la compétence particulière. Chaque personnage devrait être bon à au moins une chose.

Quelques mots sur la sympathie.

La sympathie est naturellement influencée positivement par les deux autres caractéristiques. Un personnage compétent et proactif sera naturellement apprécié.

La plupart des personnages sont aimés du public. Si vous souhaitez qu’un personnage ne le soit pas, vous pouvez faire en sorte que ce personnage exacerbe les défauts et les mal-êtres des autres. Un exemple ! Dans le schéma classique de la nouvelle étudiante triste et déprimée. En tant que personnage principal, vous allez axer l’attention des lecteurs sur elle. Créer un second personnage qui l’ostracise encore plus aura deux conséquences. L’étudiante, personnage principale sera plus appréciée, car elle souffre. Le second personnage sera naturellement moins apprécié et prendra la place du méchant.

C’est tout pour cette fois ! Le prochain article traitera d’autres techniques présentées par Brandon Sanderson pour créer des personnages.

A la prochaine (: